Sylvie Kauffmann La
réécriture de l’histoire est un puissant levier politique. A Moscou,
Varsovie ou Budapest, les dirigeants ne s’en privent pas, note dans sa
chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ». Le procédé est
tentant mais risqué.
Publié le 04 septembre 2019 à 06h14 - Mis à jour le 04 septembre 2019 à 07h03
Le
président allemand et son homologue polonais lors des commémorations de
la seconde guerre mondiale, le 1er septembre à Wielun (Pologne). ALIK
KEPLICZ / AFPChronique. Dimanche 1er septembre
à la Maison Blanche, la presse a demandé à Donald Trump s’il avait un
message pour la Pologne, en ce jour très particulier. Le président des
Etats-Unis avait prévu, en effet, de se rendre dans ce pays pour les cérémonies du 80e anniversaire du début de la seconde guerre mondiale,
marqué par le bombardement nazi de Westerplatte, à Dantzig, mais avait
annulé son voyage au dernier moment, officiellement pour surveiller la
progression de l’ouragan Dorian. Article réservé à nos abonnés Lire aussi La Pologne agite la question des réparations de guerre, évaluées à 850 milliards de dollars, face à l’Allemagne« Oui, j’ai un grand message pour la Pologne, a répondu M. Trump, entre deux séances de golf. Je voudrais juste féliciter la Pologne. C’est une grande nation. Nous avons beaucoup de Polonais ici, peut-être 8 millions. »
Féliciter
un pays pour l’anniversaire du jour le plus noir de son histoire, celui
du coup d’envoi de son anéantissement par l’Allemagne d’Hitler, puis
par l’URSS de Staline, dans une guerre qui allait coûter la vie à six
millions de ses habitants : l’ironie de cette interprétation très
trumpienne du 1er septembre 1939 n’aura sans doute pas échappé aux Polonais, pétris d’histoire.
Réécrire l’histoire
Mais
outre qu’il est assez populaire en Pologne, M. Trump n’est pas le
premier à réécrire l’histoire de cette région, loin de là. Son
révisionnisme à lui est même assez inoffensif. Nettement moins calculé
que celui de Moscou, qui vient d’offrir une justification inédite de
l’accord Molotov-Ribbentrop du 23 août 1939.
Le
ministère russe des affaires étrangères a distillé ces derniers jours,
sur les réseaux sociaux, la nouvelle vision en cours à Moscou de la fin
des années 1930, appuyée de quelques montages sonores et iconographiques
à l’esthétique constructiviste. Le pacte de non-agression
germano-soviétique y est qualifié de « décision forcée, urgente et extrêmement difficile », imposée par la lâcheté de la Grande-Bretagne et de la France qui « espéraient éviter la guerre en poussant l’expansion nazie vers l’est », et par « la haine du soviétisme et l’antisémitisme » de la Pologne, qui rejetait les « multiples offres d’assistance » de Staline.
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