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Publié hier à 12h45, mis à jour à 12h52
Trente
ans après la répression des manifestations de la place Tiananmen, Pékin
n’entend pas seulement étouffer à l’ONU les critiques le visant sur les
droits de l’homme, mais veut imposer ses propres valeurs. Et il y
parvient, avec un certain succès. Les
84 photos montrent des Ouïgours souriant, des villageois jouant
d’instruments de musique, des enfants sur un toboggan, des femmes
s’activant à la récolte, ou des hommes de cette minorité musulmane de
l’extrême ouest chinois étudiant le mandarin dans un « centre
d’apprentissage et de formation ». L’exposition, intitulée
« Développement et progrès des droits de l’homme dans la région autonome
ouïgoure du Xinjiang en Chine », s’est tenue dans le Palais des
Nations, à Genève, au mois de mars. Au même moment, le Conseil des
droits de l’homme de l’ONU procédait à l’examen périodique universel de
la Chine, un rendez-vous quinquennal pour chacun de ses pays membres :
l’Etat y présente son bilan et entend les remarques et recommandations
des pays tiers et de la société civile.
Selon des
estimations crédibles et reprises par les Nations unies, 1 million de
Ouïgours (sur une population totale de 11 millions) seraient aujourd’hui
internés dans des camps où ils doivent clamer leur loyauté à la Chine
populaire, dénoncer l’islam, associé au terrorisme, et le séparatisme.
Ces camps, que les défenseurs des droits désignent comme de nouveaux
goulags, sont ceux que Pékin qualifie, en légende de ses photos, de
« centres d’apprentissage ». L’obscénité de cette exposition organisée
au sein même du Conseil des droits de l’homme n’a pas échappé aux
fonctionnaires de l’ONU. Pourtant, ils n’ont rien pu faire : ce type
d’événement n’est pas interdit par les chartes onusiennes, la règle
stipulant simplement de ne pas s’en prendre à un autre Etat. Tout juste
ont-ils pu protester lorsque des diplomates chinois ont voulu présenter
des images d’attentats sanglants. Les diplomates russes et cubains, eux,
ont salué l’exposition.
Une heure pour les droits de l’homme
Pour
beaucoup d’Etats répressifs, l’examen de leur situation en matière de
droits de l’homme n’est qu’un moment désagréable à passer, mais bref et
sans suivi réel. En session plénière finale, le cas est discuté pendant
une heure : vingt minutes pour le pays qui défend son bilan, vingt
autres pour les Etats membres, qui ne sont pas tous hostiles et avec
lesquels on peut négocier, et autant pour la société civile. Wang
Yu, l’avocate de la militante Cao Shunli, morte le 14 mars 2014 à
Pékin, peu après sa détention. Le corps de Cao Shunli était couvert
d’hématomes, a-t-elle déclaré. PHILIPPE LOPEZ / AFP Pourtant,
en 2014, le précédent passage de la Chine s’est déroulé sous haute
tension. Pour interpeller l’opinion internationale, une activiste
chinoise,Cao Shunli, avait organisé un sit-in devant
le ministère des affaires étrangères à Pékin, en juin 2013. Le
14 septembre, elle avait été arrêtée à l’aéroport, alors qu’elle
s’apprêtait à embarquer à destination de Genève où elle devait
participer à une conférence d’ONG en vue de l’examen de la Chine. Mme Cao,
qui souffrait de tuberculose et de problèmes hépatiques, s’est vu
refuser tout traitement pendant sa détention. Libérée dans un état
critique, le 27 février 2014, elle est morte deux semaines plus tard. Le
20 mars, en session plénière du Conseil des droits de l’homme à Genève,
les ONG ont tenté d’imposer une minute de silence en sa mémoire. La
Chine a objecté que la société civile n’était autorisée qu’à des « commentaires »
et rien d’autre, pas même aux silences, et a exigé un vote sur ce
point. Soutenue par une flopée d’Etats autoritaires, elle l’a emporté,
déstabilisant le président du Conseil, le Gabonais Baudelaire Ndong Ella
– le pays de ce dernier ayant jugé plus prudent de s’abstenir face à
Pékin.
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